Saint Clément village vigneron

Saint Clément : une histoire d’eau, mais aussi de vin !

1872, 1907,1956, 2014 : les grandes étapes d‘une histoire d’amour !

Saint Clément est bien connue pour les liens qui l’unissent à son fleuve, le Lez. La relation qu’elle tisse depuis des lustres avec la vigne est moins réputée et pourtant si riche… Un retour dans son passé en 1872 nous propulse dans une petite commune de 132 habitants, majoritairement des agriculteurs. L’agriculture pratiquée y est variée allant de l’élevage au maraîchage. La viticulture est déjà prépondérante mais va connaître au cours des décennies suivantes des événements marquants.

1907 : la révolte des paysans du Languedoc

Le phylloxéra désigne à la fois l’insecte puceron ravageur de la vigne et la maladie qui touche cette dernière (voir encadré). En France, il est observé pour la première fois vers 1863 sur le plateau de Pujaut, dans le Gard. A partir de cette date, son extension a été rapide. Pour la contrer, nos vignes furent greffées sur des souches américaines vigoureuses et résistantes au puceron. Ces vignes furent rapidement capables de fort rendement, entraînant une chute des cours du vin inévitable, l’émergence d’un marché parallèle et… la révolte des paysans en Languedoc en 1907. A cette date, la vigne à Saint Clément occupe quelques 384 hectares de terre pour une production de 1797 hectolitres de vin rouge et 350 de blanc et explosera ensuite, avec les rendements des souches greffées.

Les 19 et 20 juin 1907, cinq manifestants tombent sous les balles. Le 21 juin à Béziers, 500 soldats du 17ème de ligne se mutinent et “fraternisent” avec les vignerons.

Le grand froid de 1956

Le très rude hiver de 1956 a ruiné, dans le Pays d’Oc, la culture de l’olive et de la vigne. A Saint Clément, 110 hectares dédiés disparaissent entre 1955 et 1956 faisant chuter la production de 17 376 à 1851 hectolitres ! Sur 170 habitants, seule une trentaine de viticulteurs sont alors répertoriés.

un bouleversement : le phylloxera.

Ce puceron  vit d’abord sur les feuilles de vigne, puis, prenant une forme souterraine, il s’en prend aux racines et provoque la mort des souches en quelques années. Venu des Etats Unis, il a provoqué la destruction massive de plus de 2,5 millions d’hectares en France.  Paradoxalement, l’Hérault est relativement épargné par la maladie. Mais cette pénurie de vins  encouragea la fraude et la fabrication de vins frelatés : on faisait deux vins avec la même récolte. Sur le marc, on rajoutait de l’eau et du sucre et l’on faisait fermenter. C’est ce que l’on appelait la piquette. Ce n’est qu’en 1907 que l’on a défini légalement le vin : “produit de la fermentation complète ou partielle du raisin frais ou du jus de raisin frais “.

L’évolution vers la qualité

Les années 70/80 marquent un tournant dans la viticulture languedocienne avec une nécessaire adaptation aux évolutions du marché. Cela se traduit par une réduction des rendements, une modification de l’encépagement et l’investissement dans du matériel de pointe. A Saint Clément, la modernisation de la viticulture coïncide avec le boom de l’habitat résidentiel au détriment des surfaces viticoles. Aujourd’hui, seuls 50 hectares sont réservés à la vigne, répartis sur deux exploitations : Fontfroide au Sud et le Domaine Puech au centre du village. Depuis 2003, la vigne de notre village fait partie des Grés de Montpellier qui regroupent les vignobles de l’agglomération allant de la moyenne vallée de l’Hérault au Vidourle, délimité au Sud par le littoral et par le Pic Saint Loup au nord…

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